Qu'il soit rosso, bianco, rosé ou extra dry, sans compter le cocktail de James Bond ou celui d'Hemingway, Martini est le numéro un mondial du vermouth.
Une place, toujours convoitée mais jamais ravie depuis plus d'un siècle. "L'apéritif de renommée mondiale", comme le rappelle une réclame des années 1950, aurait pu avoir pour nom Rossi et non celui de Martini car c'est au premier qu'il doit sa recette et à ses descendants, son développement dans le monde entier. 1847 : quatre hommes d'affaires italiens, Clemente Michael, Carlo Re, Agnelli et Baudino s'associent au sein de la Distilleria Nazionale di Spirito di Vino pour produire du vin, des spiritueux et du vermouth. Le contexte économique est favorable. Portée par le mouvement d'unité italienne, le Risorgimento, l'industrie du vermouth stimule l'économie du Piemont. A tel point que, depuis 1840, sur décision du roi Charles Albert, un registre recense les producteurs accrédités à Turin et dans les collines environnantes.
L'équipe fondatrice s'étoffe avec un trio dont deux noms vont bâtir la légende de la marque : l'agent commercial Alessandro Martini (propriétaire, depuis 1830, d'une petite exploitation de vins située dans les environs de Turin, achetée au grand-père d'Agnelli, fondateur de la Fiat), le comptable Teofilo Sola et Luigi Rossi. Ce dernier, herboriste et vinificateur, crée un vermouth, à base de vin, d'herbes et d'aromates, mélanges subtils d'amertume et de douceur. Son succès est tel que, pour remercier son créateur, Alessandro Martini fait entrer, à la fin des années 1850, Luigi Rossi au sein de la direction de l'entreprise.
Preuve que la Distilleria Nazionale di Spirito di Vino offre des produits de qualité, San Salvatore Monferrato accueille une distillerie et des succursales s'ouvrent à Gènes, Cagliari et Narbonne.